Victoire des blaugrana acquise dans la douleur dans l'antre des basques de l'Athletic Bilbao. 7ème victoire consécutive toutes compétitions confondues pour les hommes de Pep...
Les faits et le jeu
Après une trève de 2 semaines pour cause de matchs internationaux, les barcelonais abordaient ce match contre l'Athletic Bilbao le moral gonflé à bloc et pour cause: les azulgrana sont sur une
lancée de 6 victoires consécutives, de quoi se voir pousser des ailes.
Pep, pour ne pas rompre avec la tradition, surprenait son monde en alignant une composition pour le moins étonnante .
En défense, il optait pour le conservatisme (mais écartait tout de même Puyol) et alignait le quatuor Abidal-Piqué-Marquez-Alvés.
C'est au milieu que Guardiola étonnait le plus avec l'incorporation du canterano Victor Sanchez, aligné en relayeur et épaulé par Touré en pivot et Keita en second relayeur.
En attaque et en absence de Messi, Henry prenait le côté gauche, décalant Iniesta à droite, Eto'o conservant l'axe. Xavi, légèrement touché à la jambe droite, n'avait pas été convoqué, Pep ayant
décidé d'éviter tout risque d'aggravation.
La rencontre débute sur un rythme particulièrement mou. Les pertes de balles, contrôles hasardeux et autres se succèdent sans qu'aucune des deux équipes ne montre de signe d'amélioration. Hormis
un superbe coup franc des 20 mètres tiré par David Lopez qui oblige Valdés à sortir une superbe détente et un joli tir croisé à mi-hauteur d'Eto'o des 25 mètres qui nécessite l'intervention
d'Iraizoz, c'est le néant absolu.
Il faut attendre la 20ème minute pour voir la rencontre s'emballer, d'abord par l'intermédiaire d'Iniesta qui après un service d'Eto'o place une jolie frappe des 20 mètres, puis par l'entremise
de Yeste qui pousse Valdés dans ses derniers retranchements sur un autre coup franc admirablement tiré du gauche.
Le reste de cette première période est bien terne, faisant la part belle aux nombreux déchets techniques et à une lenteur de jeu désolante, la faute à un milieu blaugrana manquant d'automatismes:
Victor Sanchez, malgré un engagement sans failles, ne parvenait pas à dissimuler ses grosses lacunes. Keita cumulait toujours ses gros problèmes de placement (souvent très avancé, voire en
pointe) tandis que Touré évoluait en mode «mobilité
réduite». En face, les basques n'étaient pas mieux lotis, se contentant de boucher autant que possible les espaces. À noter la sortie sur blessure de Keita (30'), remplacé par Busquets.
La seconde période est toutefois plus animée. Ainsi, dès la reprise, Victor Sanchez s'illustre sur une frappe après un relai en retrait d'Iniesta dans l'axe: le tir passe néanmoins largement au
dessus des cages d'Iraizoz.
Le Barça joue mieux et profite d'une meilleure circulation du ballon mais ne parvient quand même pas à se créer d'occasions dangereuses. En face, les Basques, recroquevillés derrières, ne voient
plus le cuir (40 % de possession seulement). Difficile de faire la différence dans de telles conditions de jeu et dans un stade qui a vu tomber les équipes les plus valeureuses. C'est pourtant ce
que va faire Thierry Henry: le français entame un raid solitaire plein axe, se débarrasse de plusieurs joueurs avant d'offrir un caviar à Eto'o légèrement à gauche.
Le camerounais prend de vitesse le dernier défenseur basque et fusille Iraizoz d'une merveille de frappe croisée. 1-0 (63').
Le même Eto'o n'est pas loin de doubler la mise vingt minutes plus tard après une splendide passe d'Iniesta à droite. Le 9 blaugrana, seul devant Iraizoz, manque de lucidité et voit son tir
passer légèrement à droite des cages du gardien basque.
Guardiola, soucieux de conserver le score, donne alors comme consigne à ses joueurs de garder au maximum le ballon, quitte à ne plus se procurer d'occasion. Consigne parfaitement respectée par
ses protégés qui monopoliseront le ballon jusqu'au coup de sifflet final.
Au final, 3 points acquis après de grosses souffrances, mais 3 points tout de même. Dans ce genre de match piège où l'adversaire refuse de jouer, il est toujours très difficile de se procurer des
occasions et de produire un jeu fluide.
L'absence des 2 meilleurs joueurs de ce début de saison, Messi et Xavi, n'a pas non plus aidé les catalans à prendre le match à leurs comptes. L'absence du premier a privé son club de vivacité et
de ce brin de folie qui fait souvent plier les rencontres tandis que la mise à l'écart du second a enfermé le Barça dans un jeu stéréotypé et manquant totalement de créativité et d'intuition.
Autant dire que Pep signe là un petit exploit personnel. Le technicien en chef a encore une fois gagné son pari en prenant des risques certains mais force est de constater que sa politique de
rotation systématique n'a toujours pas failli. Chapeau !
Ce sont ces victoires difficiles acquises sur le fil qui font souvent la différence dans la course au titre et le Barça les cumule depuis le début de saison: Betis et Espanyol en ont dejà fait
les frais, Bilbao est le dernier sur la liste.
Ce genre de victoires est d'autant plus nécessaire que les merengues, de leurs côtés, en font de même, preuve à l'appui avec leur victoire à la dernière seconde (non non ce n'est pas une
exagération) lors du derby.
Peu importe le style donc, seuls les 3 points comptent, surtout à l'extérieur où il est particulièrement ardu de «produire» du jeu. Dans ce genre de situations, il faut savoir se retrousser les
manches et aller au combat, quand bien même cela serait désagréable et douloureux. En ce sens, Guardiola est en quelque sorte en train de réussir sa mission, à savoir inculquer à ses joueurs des
valeurs de sacrifice et de solidarité, valeurs essentielles pour quiconque souhaite briguer des titres nationaux ou continentaux. Le Barça que tout le monde connait gagnait en jouant de façon
flamboyante ou perdait en développant un piètre jeu. Pep lui ajoute une nouvelle option: la « sale victoire», celle qui s'obtient sans panache, mais qui n'en est pas moins jouissive.
Les joueurs
Valdés: 7 Impérial sur sa ligne avec 2 arrêts de classe internationale sur des coup francs difficiles à négocier. Le reste de la rencontre fût relativement tranquille.
Abidal: 5.5 Plutôt serein derrière, il n'a malheureusement pas apporté d'alternatives devant, comme il y a 2 semaines face à l'Atletico Madrid. Est proche de semer le chaos sur une remise
de la tête vers Valdés qui falli finir dans les pieds d'un basque.
Piqué: 6.25 Utile sur le jeu aérien et propre dans ses intervention. Petite frayeur tout de même lorsqu'il se fait battre sur le côté gauche par un attaquant basque.
Marquez: 6 Sur la lancée de ses dernières performances, il a délivré un match plein avec une bonne relance, comme sur cette longue passe plein axe vers Eto'o à la 8' qui se finit par un
superbe tir du camerounais. Remplacé par Puyol à la 66'.
Alvés: 5.5 Du mieux assurément, mais le brésilien ne justifie toujours pas l'investissement astronomique consenti par le Barça. Il apporte certes de la variété par ses centres (pas
toujours bien tirés) mais où est passée sa vitesse ?
Touré: 5.5 Timoré et peu mobile, l'ivoirien n'a pas vraiment été rassurant, ne faisant que rarement parler sa puissance de feu. Le peu de crédit que lui accorde Pep y serait-il pour
quelque chose ?
Victor Sanchez: 4.5 Pour son premier match officiel avec le Barça, le jeune pensionnaire de la cantera blaugrana a souffert, auteur d'un lot anormal de déchets. Difficile cependant de
juger rationnellement sa performance tant il est difficile de faire ses débuts avec l'équipe A du Barça, surtout quand on vient de la filiale.
Keita: 3.5 Un véritable fantôme. Pire, un fantôme qui ne joue pas à son poste. Blessé très tôt, il cède sa place à Busquets (6) qui s'en sort avec les honneurs. Le protégé de Pep a
su tirer son épingle du jeu et son entrée a même coincidé avec une meilleure circulation du ballon.
Iniesta: 6.5 Probablement le meilleur blaugrana sur la pelouse. Très discret en première période, comme la plupart de ses coéquipiers, il s'est démultiplié en seconde mi-temps et a offert
de nombreux bons ballons à ses compagnons de jeu. Andrés montre qu'en l'absence de Messi, il est parfaitement capable de prendre la relève sur le couloir droit.
Eto'o: 6.25 A rempli son contrat en marquant «son» but. A bien gêné la relance adverse et n'a pas ménagé ses efforts, comme d'habitude. A cependant gâché l'occasion de tuer le match,
heureusement sans conséquence.
Henry: 6.25 Le déblocage du match, c'est en partie à lui qu'on le doit sur cette belle action solitaire. A beaucoup travaillé sur son côté gauche, revenant souvent très bas pour épauler
Abidal. Remplacé par Hleb à la 80'.
Fiche technique
Athletic: Iraizoz; Iraola, Aitor Ocio, Amorebieta, Balenziaga; David López, Orbaiz (Gurpegui, min.77), Yeste, Gabilondo (Ion Vélez, min.76); Garmendia (Susaeta, min.62) et Llorente.
FC Barcelone: Víctor Valdés; Dani Alves, Márquez (Puyol, min.66), Piqué, Abidal; Víctor Sánchez, Touré Yaya, Keita (Busquets, min.32); Iniesta, Eto'o et Henry (Hleb, min.80).
Buts: 0-1, min.63: Eto'o.
Crédits photos: El Mundo Deportivo
Source : fcbarcelonaclan.com
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